BBC, les performances répondent-elles vraiment à la RT2012 ?

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En mai 2007, l’arrêté concernant les labels «HPE », « THPE » et « BBC » précisait trois niveaux de performance pour les constructions par rapport à la RT 2005, réglementation thermique encore en vigueur pour l’habitat jusqu’à fin 2012. Finalement, c’est surtout le label BBC qui s’est développé... 

BBC RT2012 rénovation énergétique

C’était pourtant le plus ambitieux avec en moyenne une limitation à 50 khWep/m².an des consommations théoriques des logements, correspondant à une division par 2 ou 3 de l’énergie utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Les premières opérations sont sorties de terre en 2009. Des bilans commencent à s’établir. Outre les leçons à tirer de ces bilans, ces expériences auront préparé les acteurs de la construction à la nouvelle RT 2012 qui s’appliquera à tous les logements neufs à partir du 1er janvier 2013. Mais qu’en est-il des performances réelles ? Comment les usagers vivent dans ces logements performants « sur le papier » ?

 

La nécessité de remonter des informations « terrain »



Il est rare qu’en France soit organisé le recueil d’informations dans les logements neufs fraichement livrés. Ces inhabituelles enquêtes sont souvent très ponctuelles. Le label BBC aura bousculé quelque peu ce constat et suscité une certaine curiosité sur les moyens mis en œuvre pour l’obtention du label et sur les consommations réelles. Des organismes de certification ont fait réaliser des enquêtes qui ont permis de dégager les principales tendances des premiers choix techniques et également mis en évidence la maturation des choix entre les premières opérations exploratoires et les opérations suivantes).  D’autres initiatives ont consisté à faire remonter les consommations réelles pour les confronter aux attentes théoriques du calcul réglementaire. CERQUAL a en particulier lancé une étude en 2010 croisant les aspects sociologiques, économiques et thermiques sur 6 opérations de logements sociaux. Cette superposition de trois domaines d’analyse aura permis fin 2012 de dégager des premières réponses aux questions posées en préambule (résultats àTribune Qualitel du 26/11/2012).

Malgré le faible échantillon étudié, ces opérations montrent qu’il est possible d’obtenir des résultats réels globalement conformes aux attentes, que les logements sur lesquels un suivi a été réalisé sont en majorité bien perçus par leurs occupants, que ces premières expériences auront représenté un réel apprentissage pour les bailleurs sociaux concernés.

Ce travail aura également mis en évidence quelques erreurs de « jeunesse » de conception et surtout induit des interrogations sur la question de l’usage et du comportement.

 

La performance nécessite-elle une modification des comportements ?



Cette question peut se formuler plus explicitement : l’usager doit-il avoir un rôle actif pour contribuer à réduire ses consommations parce que la qualité intrinsèque de son logement n’y suffirait pas seule ?

Plus la performance est élevée, plus l’impact de l’occupant sur sa facture énergétique est important.

Dès lors, plus la pédagogie doit être fine. Construire des logements réellement économes suppose a minima une information adaptée, c'est-à-dire compréhensible, facile à retenir et à appliquer. Les notices remises à la livraison, quand elles existent, traduisent un réel effort de simplification. Informer est un devoir du professionnel. Mais les remontées du terrain indiquent que cette nécessité est loin d’être suffisante. Certains bailleurs ont fait montre d’une stratégie plus élaborée : un accompagnement des locataires est associé à l’information « papier ». La pédagogie passe par une présence continue de personnes compétentes et disponibles in situ (gardien, exploitant, responsable d’îlot…) capables de donner des réponses immédiates à des locataires interrogatifs sur l’usage de leur logement et, si besoin, de faire remonter des problèmes plus complexes ou récurrents au bailleur afin que ce dernier tire des leçons pour ses prochains projets. Cette solution semble efficace. Son coût est cependant élevé et pourrait décourager les bailleurs tentés par cette démarche.

Un retour à l’ergonomie générale d’un bâtiment reste encore une voie à revisiter par les architectes et les bureaux d’études. Que peut-on demander à un occupant ? Quel chemin doit-il parcourir pour se comporter dans le « bon sens » ? Quel chemin à parcourir par les concepteurs pour que le logement induise un comportement vertueux sans que cela pèse sur les habitudes de l’occupant ?

Un logement est supposé consommer en moyenne moins de 50 kWhep/m².an pour les postes de consommations traités par la RT 2012 (chauffage, production d’ECS, électricité pour les auxiliaires de ces installations, éclairage) et que parallèlement, un logement consomme en moyenne 70 kWhep/m².an pour les autres usages électriques (électroménagers, veilles,…). Ces chiffres montrent à l’évidence qu’il faut travailler sur tous les postes. L’association Effinergie, déjà à l’initiative du label BBC, élabore une définition d’un label couvrant toutes les consommations. Ce label va servir de référence à la réflexion pour réduire toutes les consommations énergétiques sans détériorer le confort. Aux concepteurs d’intégrer cet objectif et d’imaginer des logements ayant des performances globales très élevées et surtout très robustes, c'est-à-dire moins dépendantes du comportement et des usages de l’occupant.

Résumé :

Pour les « flemmards » :

Concevoir des logements répondant au label BBC est une chose. Vérifier in situ que les consommations réelles sont conformes aux attentes en est une autre. Cette nécessaire remontée du terrain est la condition sine qua non d’apprendre à mieux concevoir pour permettre aux usagers de vivre sans trop de contraintes tout en préserva       nt les performances de leur logement.

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